En trail long, gérer son alimentation est aussi stratégique que l’entraînement ou le choix du matériel. Pourtant, une erreur revient systématiquement chez les coureurs, même expérimentés : consommer trop d’aliments trop tôt dans la course. Cette erreur a des conséquences directes sur la performance, le confort digestif et l’issue de ta course. Dans cet article, tu vas comprendre pourquoi ce réflexe peut te pénaliser et surtout, quelles stratégies adopter pour optimiser ta nutrition lors d’un trail longue distance.

Pourquoi trop manger trop tôt est un piège classique lors des trails longs ?

L’une des plus grandes peurs des traileurs est la panne énergétique. Ce « mur » tant redouté conduit beaucoup à suranticiper et à avaler barres, gels ou autres aliments dès les premiers kilomètres. La tentation est forte, surtout avec la pression de la distance, la sensation d’effort élevée ou le stress du départ. Pourtant, ton organisme ne fonctionne pas comme un moteur à essence : il a des réserves et des capacités d’adaptation qu’il faut respecter.

Les conséquences physiologiques d’un apport énergétique prématuré

  • Saturation digestive : L’afflux de nourriture sollicite inutilement ton système digestif alors que la priorité du corps au début de la course est l’approvisionnement musculaire, pas la digestion. Résultat : sensation de lourdeur, nausées, voire maux d’estomac pouvant aller jusqu’au vomissement ou au blocage.
  • Dérèglement glycémique : Consommer du sucre ou des glucides trop tôt, alors que tes réserves sont encore pleines, peut entraîner un pic d’insuline suivi d’un contrecoup (hypoglycémie réactionnelle) qui provoque coup de mou, fringale et baisse de moral.
  • Mauvaise utilisation des réserves : Le début d’un trail long est idéal pour mobiliser tes réserves de glycogène (glucides stockés) et de graisses. Si tu apportes trop d’énergie extérieure trop vite, tu empêches le corps de se mettre naturellement en « mode économie », la clé de réussite en endurance au long cours.

Les signes d’une mauvaise gestion alimentaire en début de trail

Savoir reconnaître les signaux est aussi important que la prévention. Voici les symptômes les plus fréquemment rapportés par les coureurs ayant trop mangé trop tôt :

  • Sensation de ventre ballonné dès les premiers kilomètres
  • Manque soudain d’appétit au bout de 2-3 heures de course
  • Difficultés à absorber les gels/barres plus tard lors des passages critiques (longues ascensions, coups de chaleur, derniers kilomètres)
  • Perturbations du rythme digestif : diarrhées, rots, reflux acides
  • Sensation d’épuisement incompréhensible alors que physiquement tout allait bien

Principes à respecter pour une gestion nutritionnelle optimale en trail long

Le secret réside dans l’anticipation, la progressivité, et l’écoute de ton corps. Voici les fondements à adopter :

1. Respecte tes réserves de départ

Une veille de course bien préparée (repas adaptés, hydratation suffisante et petit-déjeuner digeste) te permet de partir avec des réserves optimales. Il n’est ni utile ni recommandé de vouloir « forcer » davantage cette réserve en surconsommant sur la ligne de départ : évite les prises alimentaires excessives avant les premiers ravitos, sauf cas de départ en soirée ou de température anormalement basse.

2. Fractionne l’apport énergétique et privilégie la régularité

Attends environ 45 minutes à 1 heure avant ta première prise significative d’aliment solide ou concentré (gels, barres). Pendant ce laps de temps, concentre-toi sur l’hydratation avec éventuellement quelques électrolytes pour optimiser l’absorption sans surcharger ton système digestif.

3. Privilégie les apports liquides ou semi-liquides en début de course

Les boissons isotoniques ou les petites gorgées d’eau régulièrement injectent de l’énergie de façon douce et progressive, limitant ainsi tout inconfort digestif. Les aliments solides doivent arriver par très petites quantités dans les 2-3 premières heures.

4. Sois à l’écoute de ton appétit intrinsèque

Ne te force jamais à manger si tu n’en ressens pas le besoin ! L’écoute du corps est ta meilleure alliée, surtout en conditions réelles. Les plans théoriques sont utiles (30 à 60g de glucides/heure, par exemple), mais ils servent de cadre à adapter selon tes sensations réelles sur le terrain.

5. Prévois une gamme variée de produits adaptés

Pour éviter la saturation gustative, prépare une diversité de textures et de goûts. Les barres énergétiques, en particulier, sont faciles à fractionner et à consommer de façon progressive. Attention cependant à ne pas toutes les consommer trop tôt dans le parcours : répartis tes réserves pour les moments clés où les exigences énergétiques seront réellement élevées (longue ascension, chaleur, fin de parcours).

6. Hydrate-toi intelligemment

L’erreur est aussi de boire trop, trop vite, « juste au cas où ». Adapte ta prise d’eau à la température, à la sudation et à l’intensité de l’effort. Une hydratation équilibrée limite les inconforts digestifs et optimise la disponibilité de l’énergie sans diluer l’apport en minéraux.

Exemple de stratégie nutritionnelle concrète pour un trail long

Supposons un départ matinal (6h-7h) sur un trail de 60 à 80km. Voici une approche type, à adapter à ton profil :

  • Petit-déjeuner : Pris 2h à 3h avant le départ, composé de glucides complexes (pain complet, flocons d’avoine), une petite portion de protéines (œuf, yaourt végétal), une touche de lipides (purée d’oléagineux, avocat) et un fruit.
  • Avant le départ : Pas d’apport supplémentaire si le départ est proche du petit-déjeuner. Si besoin, une petite compote ou une tranche de pain sec 10 à 20 minutes avant suffit.
  • 1re heure de course : Hydrate-toi exclusivement à l’eau, éventuellement avec un peu d’électrolytes. Pas de solide, ni de sucre concentré, sauf en cas de sensation de faiblesse inhabituelle.
  • Dès la 2e heure : Commence progressivement les apports énergétiques. Par exemple, une demi-barre énergétique toutes les 45 minutes, ou une alternance entre barre et boisson isotonique. Cette stratégie limite la saturation digestive et assure un relais optimal entre tes réserves endogènes et l’apport exogène.
  • Au fil de la course : Continue à fractionner les prises, en adaptant la fréquence à ton ressenti, à l’intensité, et à la météo. N’augmente la dose que dans les phases difficiles : longue montée, baisse de forme, forte chaleur ou sur la fin de course.
  • Pour le salé : Intègre des aliments salés (petite portion de crackers, compote salée, mini-sandwichs) pour varier les apports et prévenir les écoeurs.

Le rôle des barres énergétiques lors d’un trail long : atouts, risques et recommandations

Les barres énergétiques représentent une solution pratique, énergétique et facile à transporter sur un parcours long. Leur succès réside dans leur capacité à apporter des glucides assimilables, des protéines ou même parfois des fibres et des micronutriments essentiels. Elles sont aussi faciles à fractionner et existent dans des goûts et textures variés pour entretenir la motivation gustative. Mais attention : elles ne sont pas à consommer « en une fois » ni systématiquement dès les premiers kilomètres sous peine de conséquences digestives évoquées plus haut.

En les fractionnant, tu prolonges leur efficacité. Conserve toujours quelques unités pour les moments clés de la course. Il est préférable de prévoir plusieurs types de barres : fruitées, protéinées, riches en glucides lents ou rapides, voire sans gluten selon ta tolérance individuelle.

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Questions fréquentes sur la nutrition en trail long

  • Dois-je manger si je n’ai pas faim en début de course ? Non, la faim est un signal tardif mais il n’est pas nécessaire de forcer ton organisme. Privilégie l’hydratation et commence le fractionnement des apports dès les premiers signes d’appétit ou au bout de 45 min à 1 heure.
  • Pourquoi ai-je des nausées au bout de 2 heures, alors que je pensais bien faire ? Trop d’apports énergétiques concentrés ou mal tolérés en début de parcours peuvent surcharger ton estomac et provoquer des troubles. Reviens à de l’eau, ralentis, et attends que le confort digestif revienne avant toute nouvelle prise alimentaire.
  • Faut-il mixer alimentation liquide et solide ? Oui. L’association boisson isotonique + barre énergétique est souvent idéale, avec une priorité à l’apport liquide en début de course, puis aux morceaux solides fractionnés (barre, fruit sec, compote) sur la deuxième partie du parcours.
  • Et si la chaleur est écrasante ? Donne la priorité à l’hydratation, ajoute des électrolytes et espace encore plus les apports solides. Privilégie des petits apports très réguliers pour éviter tout inconfort.

En synthèse : construis ta stratégie nutritionnelle comme tu construis ton plan d’entraînement

L’alimentation sur un trail long ne s’improvise pas. Prends le temps de tester différentes stratégies à l’entraînement : timing, types de produits, quantité, association barres/boissons/gels. Note tes ressentis et adapte-le à tes besoins et à ta physiologie propre.

Souviens-toi que manger trop tôt ne t’apporte rien, sinon des risques de contre-performance. Laisse ton corps s’adapter à l’effort, utilise tes réserves naturelles, puis introduis petit à petit les apports énergétiques extérieurs, en commençant par des solutions faciles à digérer. Privilégie les barres énergétiques de qualité pour des ravitaillements pratiques, efficaces, sans surcharger ton système digestif. L’écoute de soi reste la règle d’or pour performer durablement.

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