Le tendon d’Achille est l’un des tendons les plus sollicités chez le trailer. Il intervient à chaque foulée, chaque montée, chaque relance, chaque appui instable et chaque descente. Tant qu’il va bien, on l’oublie. Mais dès qu’une douleur au tendon d’Achille apparaît, courir devient vite une source de doute : faut-il continuer, adapter ou arrêter ?

En trail, le tendon d’Achille encaisse des contraintes très spécifiques : dénivelé positif, terrains irréguliers, appuis en dévers, descentes techniques, portions de bitume, fatigue musculaire, chaussures plus ou moins amorties, changement de drop… C’est souvent l’accumulation de ces facteurs qui déclenche une tendinite d’Achille, ou plus précisément une tendinopathie d’Achille.
La bonne nouvelle, c’est qu’une douleur au tendon d’Achille ne signifie pas forcément arrêt total. Mais elle impose une vraie stratégie : réduire ce qui irrite, renforcer progressivement, adapter les chaussures, puis reprendre le trail sans brûler les étapes.
Dans ce guide spécial, on va voir comment comprendre, prévenir et gérer une douleur d’Achille en trail, avec des conseils concrets pour continuer à progresser sans transformer une gêne en blessure longue.
Tendinite ou tendinopathie d’Achille : quelle différence ?
Dans le langage courant, on parle souvent de tendinite d’Achille. Pourtant, le terme le plus juste est souvent tendinopathie d’Achille.
Pourquoi ? Parce que la douleur n’est pas toujours liée à une simple inflammation. Très souvent, le tendon est surtout en difficulté face à une charge trop importante ou trop brutale : trop de kilomètres, trop de côtes, trop de vitesse, trop de descentes, trop de bitume ou un changement de chaussures mal anticipé.
Les signes classiques d’une tendinopathie du tendon d’Achille sont :
- douleur derrière la cheville ou au-dessus du talon ;
- raideur au réveil ;
- douleur au début de la course, parfois améliorée à chaud ;
- gêne après la sortie ou le lendemain matin ;
- tendon sensible au toucher ;
- sensation de tendon épaissi ou gonflé ;
- difficulté à monter sur la pointe du pied ;
- douleur en montée ou lors des relances.
Chez le trailer, la douleur apparaît souvent progressivement. Elle commence par une gêne légère, puis devient plus présente après les sorties longues, les séances de côtes ou les trails avec beaucoup de dénivelé.
Pourquoi le tendon d’Achille souffre autant en trail ?
Le trail est exigeant pour le tendon d’Achille parce qu’il combine plusieurs contraintes.
En montée, tu pousses davantage sur l’avant-pied. Les mollets travaillent plus fort, et le tendon d’Achille absorbe puis restitue une grande partie de cette énergie. Plus la pente est raide, plus la contrainte augmente.
En descente, le tendon doit aussi contrôler les appuis, stabiliser la cheville et absorber les impacts. Sur terrain technique, chaque pierre, racine ou dévers impose une adaptation rapide.
C’est pour ça que le renforcement de la cheville est essentiel. Un pied instable ou une cheville mal préparée augmente les contraintes parasites sur le tendon. Pour aller plus loin, tu peux lire ce guide sur le renforcement des chevilles et la prévention des entorses.
Le tendon d’Achille peut aussi mal réagir lorsque le trail comporte beaucoup de route. Les portions de bitume sont plus régulières, mais elles imposent des impacts répétitifs et moins variés. Si ton épreuve mélange chemin et route, il faut l’anticiper dans ta préparation. J’en parle plus en détail dans cet article sur comment se préparer à courir un trail avec du bitume.
Les principales causes d’une douleur au tendon d’Achille en trail
1. Une augmentation trop rapide de la charge
La première cause, c’est souvent la plus simple : trop, trop vite.
Tu ajoutes une sortie longue, un bloc de côtes, une séance de fractionné, une randonnée-course le week-end, puis une nouvelle paire de chaussures. Chaque changement semble raisonnable. Mais ensemble, ils dépassent la capacité d’adaptation du tendon.
Le tendon d’Achille aime la progressivité. Il déteste les changements brutaux.
Les situations à risque :
- reprise après coupure ;
- augmentation rapide du volume hebdomadaire ;
- ajout soudain de dénivelé ;
- multiplication des séances en montée ;
- retour trop rapide au fractionné ;
- sortie longue sur fatigue ;
- enchaînement route + trail technique ;
- préparation d’objectif trop compressée.
Si la douleur apparaît après une modification récente de ton entraînement, la piste de la surcharge est très probable.
2. Des mollets trop faibles ou trop raides
Le tendon d’Achille est directement lié aux muscles du mollet. Si les mollets manquent de force, le tendon compense. S’ils sont trop raides, la tension augmente. S’ils sont fatigués, la foulée se dégrade.
En trail, les mollets sont énormément sollicités : montée, descente, stabilisation, relances, appuis instables. C’est pourquoi les douleurs du tendon d’Achille sont souvent liées à un problème plus global de chaîne postérieure.
Tu peux compléter avec cet article sur les blessures des ischios, adducteurs et mollets en trail technique.
3. Un drop trop faible ou un changement de chaussures trop brutal
Le drop correspond à la différence de hauteur entre le talon et l’avant-pied. Plus le drop est faible, plus le talon est proche du sol. Cela peut favoriser une foulée plus médio-pied ou avant-pied, mais cela augmente aussi la sollicitation des mollets et du tendon d’Achille.
Un drop faible n’est pas mauvais en soi. Le problème, c’est la transition brutale.
Passer rapidement d’une chaussure à drop élevé vers une chaussure minimaliste ou très basse peut déclencher une douleur d’Achille, surtout si tu ajoutes en même temps du dénivelé ou du volume.
Pour bien comprendre ces notions, lis le guide complet sur le drop, l’amorti, la pronation et la supination.
4. Des chaussures de trail mal adaptées
Les chaussures peuvent aggraver ou soulager une douleur au tendon d’Achille selon leur drop, leur amorti, leur stabilité et leur état d’usure.
Une chaussure trop minimaliste, trop usée, trop instable ou trop agressive au niveau du contrefort peut augmenter les contraintes. À l’inverse, une chaussure avec un amorti cohérent, un maintien correct et un drop adapté à ton historique peut aider à réduire la charge.
Le choix dépend aussi de ton profil : coureur léger ou lourd, débutant ou expérimenté, terrain technique ou roulant, trail court ou ultra, tendance aux douleurs ou non.
Pour comparer les profils de chaussures, tu peux lire l’article chaussures de trail minimalistes vs amorties : comment choisir.
Et si tu es déjà sujet aux douleurs d’Achille, consulte aussi le comparatif des meilleures chaussures de trail pour les coureurs sujets aux tendinites du tendon d’Achille.
5. Les surfaces dures et les portions de bitume
Le bitume n’est pas interdit aux trailers. Mais il modifie la contrainte.
Sur route, les appuis sont répétitifs. L’impact est plus constant. La foulée devient souvent plus régulière, parfois plus rapide. Si ton tendon est déjà sensible, ces portions peuvent réveiller la douleur.
Le risque augmente si tu cours un trail roulant avec de longues sections bitumées sans y avoir préparé ton corps.
La solution n’est pas forcément d’éviter complètement la route, mais de l’intégrer progressivement : 10 minutes, puis 15, puis 20, sur allure facile, sans chercher à accélérer.
Peut-on continuer à courir avec une tendinite d’Achille ?
C’est la grande question : faut-il continuer, adapter ou arrêter ?
La réponse dépend de la douleur et de son évolution.
Tu peux généralement continuer à courir en adaptant si :
- la douleur reste faible ;
- elle ne modifie pas ta foulée ;
- elle ne s’aggrave pas pendant la sortie ;
- elle redescend rapidement après l’effort ;
- elle n’est pas pire le lendemain matin.
En revanche, tu dois réduire fortement ou stopper temporairement si :
- tu boites ;
- la douleur est vive ;
- le tendon est gonflé ou chaud ;
- tu ressens une douleur brutale ;
- tu ne peux pas monter sur la pointe du pied ;
- la douleur augmente de semaine en semaine ;
- la raideur matinale devient plus forte.
Pour approfondir cette question, lis l’article dédié : tendinopathie d’Achille chez le trailer : continuer, adapter ou arrêter.
La règle simple : surveille ton tendon le lendemain matin
Le meilleur indicateur, ce n’est pas seulement la douleur pendant la sortie. C’est surtout la réaction du tendon le lendemain.
Si tu cours avec une gêne légère mais que le tendon est beaucoup plus raide ou douloureux le lendemain matin, la charge était trop élevée.
Repère simple :
- 0 à 2/10 : douleur acceptable ;
- 3 à 4/10 : zone de vigilance ;
- 5/10 et plus : charge trop importante ;
- douleur qui modifie la foulée : stop ;
- douleur aggravée le lendemain : réduire.
Cette règle permet d’éviter deux erreurs fréquentes : tout arrêter trop longtemps ou continuer trop fort trop longtemps.
Comment adapter son entraînement trail avec une douleur d’Achille ?
Phase 1 : calmer sans tout couper
Pendant quelques jours à deux semaines, l’objectif est de diminuer la charge irritante.
À réduire :
- côtes raides ;
- descentes longues ;
- fractionné ;
- sorties longues ;
- route et bitume ;
- chaussures minimalistes ;
- séances sur fatigue.
À conserver si toléré :
- marche active ;
- vélo souple ;
- natation ;
- mobilité douce ;
- renforcement léger ;
- footing très court sur terrain souple.
Le but n’est pas de devenir inactif. Le but est de retirer temporairement ce qui dépasse la capacité du tendon.
Phase 2 : reconstruire avec du renforcement
Quand la douleur devient stable, il faut reconstruire la tolérance du tendon.
C’est là que les exercices prennent toute leur importance : mollets, soléaire, stabilité de cheville, proprioception, gainage du pied.
Tu peux t’appuyer sur une routine progressive avec :
- exercices isométriques ;
- montées de mollets lentes ;
- excentriques contrôlés ;
- travail avec élastique ;
- équilibre sur une jambe ;
- renforcement du soléaire.
Pour une approche ciblée, consulte aussi cet article sur la tendinite d’Achille, les facteurs aggravants et les exercices correctifs.
Phase 3 : reprendre progressivement le trail
Une fois la douleur mieux contrôlée, tu peux réintroduire le trail par étapes.
Ordre conseillé :
- footing facile sur terrain plat ;
- terrain souple ;
- petites bosses ;
- dénivelé modéré ;
- descentes courtes ;
- sortie plus longue ;
- intensité ;
- trail technique.
Une seule nouveauté à la fois. Pas de nouvelle paire, plus de D+, plus de vitesse et plus de volume dans la même semaine.
Les meilleurs exercices pour le tendon d’Achille
1. Isométrique mollet
L’isométrique est souvent utile au début, quand le tendon est sensible.
Exécution :
- place-toi debout face à un mur ;
- monte sur les pointes ;
- tiens la position 30 à 45 secondes ;
- redescends lentement.
Volume :
- 4 à 5 répétitions ;
- récupération 45 à 60 secondes ;
- 1 fois par jour au départ.
Commence à deux jambes, puis passe à une jambe si la douleur reste contrôlée.
2. Montées de mollets lentes
C’est la base du renforcement.
Exécution :
- monte lentement sur les pointes ;
- marque une pause en haut ;
- redescends lentement ;
- garde un mouvement contrôlé.
Volume :
- 3 séries de 10 à 15 répétitions ;
- 3 à 4 fois par semaine.
Variante importante : fais aussi l’exercice genou légèrement fléchi pour cibler davantage le soléaire, très sollicité en course à pied.
3. Excentriques sur marche
Les excentriques sont très utilisés dans les programmes de rééducation du tendon d’Achille.
Exécution :
- monte sur les deux pieds ;
- transfère le poids sur la jambe douloureuse ;
- descends lentement le talon ;
- remonte avec les deux jambes.
Volume :
- 3 séries de 10 à 15 répétitions ;
- 3 fois par semaine selon tolérance.
Attention : si la douleur est très basse, proche de l’insertion sur le talon, évite au départ de descendre trop bas sous le niveau de la marche.
4. Renforcement de cheville avec élastique
Le tendon d’Achille ne travaille pas seul. La cheville doit être stable.
Travaille avec un élastique :
- flexion plantaire ;
- flexion dorsale ;
- inversion ;
- éversion.
Volume :
- 2 à 3 séries ;
- 12 à 15 répétitions ;
- mouvement lent et contrôlé.
Ce travail est particulièrement utile pour les trailers qui courent sur terrains instables.
5. Proprioception sur une jambe
La proprioception améliore le contrôle du pied et de la cheville.
Progression :
- équilibre sur une jambe 30 secondes ;
- yeux fermés ;
- sur coussin instable ;
- avec mouvements de bras ;
- avec mini-flexions ;
- avec passage sur pointe de pied.
À faire 3 à 5 fois par semaine, même quand la douleur a disparu.
6. Automassages des mollets
Les automassages ne réparent pas directement le tendon, mais ils peuvent aider à relâcher les mollets, améliorer les sensations et faciliter la récupération.
Routine simple :
- 2 à 3 minutes par mollet au rouleau ;
- 1 à 2 minutes sous la voûte plantaire avec une balle ;
- pression modérée ;
- pas de massage agressif directement sur un tendon très douloureux.
Pour bien les utiliser, lis le guide sur les automassages utiles en trail avec rouleaux, balles et techniques efficaces.
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Routine spéciale tendon d’Achille en 15 minutes
Jour A : tendon sensible
- Isométrique mollets : 5 x 30 à 45 secondes
- Élastique cheville : 2 x 15 par direction
- Équilibre une jambe : 3 x 30 secondes
- Automassage mollets : 3 minutes
Jour B : reconstruction
- Montées de mollets lentes : 3 x 12
- Excentriques contrôlés : 3 x 10
- Mollets genou fléchi : 3 x 12
- Proprioception : 5 minutes
Jour C : retour trail
- Montées de mollets une jambe : 3 x 8
- Marche en montée douce : 10 minutes
- Équilibre dynamique : 3 x 30 secondes
- Automassage léger : 3 minutes
Cette routine peut être répétée 3 à 4 fois par semaine, en adaptant toujours selon la douleur du jour et la réaction du lendemain.
Quelles chaussures choisir avec une douleur au tendon d’Achille ?
Le choix des chaussures ne suffit pas à guérir une tendinopathie. Mais une mauvaise paire peut clairement entretenir la douleur.
Le drop
En phase sensible, évite les changements brutaux vers un drop très faible.
Un drop modéré à élevé peut réduire la tension sur le tendon, surtout si tu y es déjà habitué. Si tu veux passer vers un drop plus bas, fais-le progressivement sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
À lire : drop, amorti, pronation, supination : bien choisir tes chaussures sans te perdre.
L’amorti
Un amorti suffisant peut être utile si tu cours :
- sur longue distance ;
- avec des portions de bitume ;
- en descente roulante ;
- en reprise après douleur ;
- avec une fatigue musculaire importante.
Mais l’amorti ne doit pas masquer une mauvaise gestion de charge. Une chaussure confortable ne compense pas un entraînement trop brutal.
La stabilité
Sur terrain technique, une chaussure instable peut augmenter les mouvements parasites de la cheville et donc les contraintes sur le tendon.
Cherche une chaussure avec :
- bon maintien du talon ;
- stabilité latérale correcte ;
- accroche adaptée ;
- chaussant confortable ;
- contrefort non agressif ;
- drop cohérent avec ton historique.
Minimaliste ou amortie ?
Les chaussures minimalistes peuvent être intéressantes pour certains coureurs expérimentés, mais elles sollicitent davantage les mollets et le tendon d’Achille. Elles demandent une transition très progressive.
En cas de douleur actuelle, mieux vaut souvent privilégier une chaussure plus protectrice, stable et cohérente avec ton niveau de préparation.
À lire : chaussures de trail minimalistes vs amorties : comment choisir.
Trail, bitume et tendon d’Achille : le piège des parcours mixtes
Beaucoup de trails ne sont pas 100 % sentiers. Il y a souvent des départs de village, des traversées de route, des pistes dures ou des sections de liaison.
Ces portions peuvent sembler faciles, mais elles changent la contrainte :
- appuis plus répétitifs ;
- allure souvent plus rapide ;
- impacts plus constants ;
- moins de variation naturelle ;
- fatigue tendineuse plus sournoise.
Si ton tendon d’Achille est sensible, prépare ces portions à l’entraînement. Intègre un peu de route, mais progressivement, et toujours à allure facile au début.
À lire : courir un trail avec du bitume : comment s’y préparer.
Ondes de choc, mésothérapie, kiné : que faut-il en penser ?
Les traitements complémentaires peuvent avoir leur place, mais ils ne doivent pas remplacer la base : gestion de charge + renforcement progressif.
La kinésithérapie
Un kiné du sport peut t’aider à identifier :
- la localisation exacte de la douleur ;
- le type de tendinopathie ;
- ton niveau de force ;
- ta mobilité de cheville ;
- tes déficits de stabilité ;
- les erreurs d’entraînement ;
- le bon protocole de reprise.
C’est souvent l’accompagnement le plus utile quand la douleur dure ou revient régulièrement.
Les ondes de choc
Les ondes de choc peuvent être proposées dans certaines tendinopathies persistantes. Elles ne remplacent pas les exercices, mais peuvent compléter une prise en charge lorsque la douleur ne progresse plus malgré un travail sérieux.
Pour approfondir, lis l’article : les ondes de choc : quand les utiliser.
La mésothérapie
La mésothérapie est parfois utilisée chez le sportif pour certaines douleurs. Elle doit rester une décision médicale, adaptée au cas par cas.
Le point important : ne pas chercher seulement à masquer la douleur. Si le tendon souffre à cause d’une surcharge, de chaussures inadaptées ou d’un manque de renforcement, il faudra corriger ces causes.
À lire : la mésothérapie et ses bienfaits.
Quand consulter pour une douleur au tendon d’Achille ?
Consulte rapidement si :
- la douleur est brutale ;
- tu as ressenti un claquement ;
- tu boites ;
- le tendon est très gonflé ;
- la douleur augmente malgré le repos relatif ;
- tu ne peux pas monter sur la pointe du pied ;
- la douleur est présente au quotidien ;
- la gêne dure plus de deux à trois semaines ;
- tu as déjà eu une rupture ou une blessure importante.
Une douleur d’Achille qui traîne ne doit pas être banalisée. Plus elle s’installe, plus la reprise peut devenir longue.
Plan de reprise course après une douleur au tendon d’Achille
Semaine 1 : calmer
Objectif : réduire l’irritation.
- marche active ;
- vélo facile ;
- renforcement isométrique ;
- automassage léger ;
- pas de côtes ;
- pas de vitesse ;
- pas de sortie longue.
Semaine 2 : tester
Objectif : vérifier la tolérance.
- 2 footings de 15 à 25 minutes ;
- terrain souple ;
- allure facile ;
- pas de dénivelé important ;
- surveillance du lendemain matin ;
- renforcement 3 fois dans la semaine.
Semaine 3 : consolider
Objectif : augmenter légèrement la charge.
- 2 à 3 sorties faciles ;
- petites bosses douces ;
- pas de descente technique ;
- volume encore réduit ;
- exercices mollets réguliers.
Semaine 4 : réintroduire le trail
Objectif : reprendre les spécificités.
- sentiers faciles ;
- dénivelé modéré ;
- descentes courtes ;
- pas de compétition ;
- pas de test maximal ;
- une seule nouveauté à la fois.
Semaine 5 et plus : reconstruire durablement
Objectif : retrouver une pratique normale.
- augmentation progressive du volume ;
- retour du D+ par paliers ;
- intensité seulement si aucune réaction ;
- maintien du renforcement ;
- attention au choix des chaussures.
Le tendon d’Achille ne se rééduque pas à la précipitation. Il répond mieux à la régularité qu’aux coups de motivation.
Les erreurs à éviter avec une tendinite d’Achille
Erreur 1 : continuer comme si de rien n’était
Une petite douleur qui revient à chaque sortie est un signal. Si tu ignores ce signal, tu risques de transformer une gêne simple en blessure persistante.
Erreur 2 : arrêter totalement trop longtemps
Le repos complet peut calmer la douleur, mais il ne renforce pas le tendon. Si tu reprends ensuite la même charge qu’avant, la douleur peut revenir.
Erreur 3 : étirer fort un tendon irrité
Les étirements agressifs ne sont pas toujours une bonne idée, surtout si le tendon est très sensible. Mieux vaut privilégier la mobilité douce et le renforcement progressif.
Erreur 4 : changer brutalement de chaussures
Passer d’un drop élevé à un drop faible, ou d’une chaussure amortie à une chaussure minimaliste, peut surcharger le tendon si la transition est trop rapide.
Erreur 5 : reprendre par les côtes
Les côtes sont excellentes pour le trail, mais très exigeantes pour le tendon d’Achille. Elles doivent revenir progressivement, après une base facile bien tolérée.
Comment prévenir les douleurs du tendon d’Achille en trail ?
Pour éviter les récidives, pense long terme.
Les bonnes habitudes :
- renforcer les mollets toute l’année ;
- travailler la cheville et la proprioception ;
- augmenter progressivement le dénivelé ;
- surveiller les changements de chaussures ;
- éviter les transitions brutales de drop ;
- alterner les terrains ;
- intégrer le bitume progressivement ;
- bien récupérer après les gros blocs ;
- surveiller la raideur matinale ;
- garder une routine d’automassage si les mollets sont tendus.
La prévention du tendon d’Achille n’est pas spectaculaire. Mais elle est redoutablement efficace quand elle devient régulière.
FAQ : tendon d’Achille, trail et course à pied
Peut-on courir avec une tendinite d’Achille ?
Oui, parfois, si la douleur reste faible, ne modifie pas la foulée et n’est pas aggravée le lendemain. Mais il faut adapter l’entraînement : moins de volume, moins de côtes, moins d’intensité et plus de renforcement.
Faut-il arrêter complètement le trail avec une douleur d’Achille ?
Pas forcément. L’arrêt complet est nécessaire en cas de douleur forte, boiterie, douleur brutale ou aggravation nette. Dans les autres cas, une adaptation intelligente est souvent préférable.
Quel drop choisir avec une douleur au tendon d’Achille ?
En phase sensible, il vaut mieux éviter les drops très faibles si tu n’y es pas habitué. Un drop modéré ou plus élevé peut être plus confortable, surtout en reprise.
Les chaussures minimalistes sont-elles mauvaises pour le tendon d’Achille ?
Elles ne sont pas mauvaises en soi, mais elles augmentent souvent la sollicitation des mollets et du tendon. Elles demandent une transition lente et progressive.
Quels exercices faire pour renforcer le tendon d’Achille ?
Les exercices les plus utiles sont les isométriques sur pointe de pied, les montées de mollets lentes, les excentriques sur marche, le renforcement du soléaire, les exercices avec élastique et la proprioception.
Les automassages peuvent-ils soigner une tendinite d’Achille ?
Non, pas seuls. Les automassages peuvent aider à détendre les mollets et améliorer la récupération, mais ils ne remplacent pas le renforcement progressif.
Combien de temps dure une tendinopathie d’Achille ?
Cela dépend de l’ancienneté de la douleur, de la charge d’entraînement, de la régularité des exercices et de la reprise. Une gêne récente peut s’améliorer rapidement si elle est bien gérée. Une douleur installée depuis longtemps peut demander plusieurs semaines à plusieurs mois.
Quand consulter pour une douleur au tendon d’Achille ?
Il faut consulter si la douleur est brutale, si tu boites, si le tendon gonfle, si tu ne peux pas monter sur la pointe du pied ou si la douleur persiste malgré une réduction de charge.
Conclusion : ton tendon d’Achille n’a pas besoin de courage, il a besoin de progressivité
La douleur au tendon d’Achille en trail est rarement un hasard. Elle raconte souvent une histoire de surcharge : trop de volume, trop de dénivelé, trop de vitesse, trop de bitume, trop de changement de chaussures ou pas assez de renforcement.
La solution n’est pas de serrer les dents. Ce n’est pas non plus de tout arrêter sans rien reconstruire.
La bonne approche, c’est de réduire temporairement ce qui irrite, renforcer progressivement les mollets et la cheville, choisir des chaussures adaptées, reprendre le dénivelé étape par étape et surveiller la réaction du tendon le lendemain.
En trail, le tendon d’Achille est un allié majeur. Si tu veux courir longtemps, grimper fort et descendre sereinement, traite-le comme une structure à entraîner toute l’année, pas comme une pièce à réparer uniquement quand elle fait mal.
















